Plus 8 kilos au compteur, des jambes aussi gonflées qu’une éléphante et lourdes comme une enclume. Des seins qui s’apparentent plus à une carte routière qu’à un objet de fantasme. Je parle des vergetures ? Non, je ne parle pas des vergetures … Des cheveux brillants et en pleine santé, ok mais alors le reste :(
On m’avait pas dit tout ça ! J’ai pas lu ça moi dans les 153 bouquins que j’ai achetés sur le sujet.
Bon, j’ai plus de nausées, c’est déjà ça. Maintenant, j’engloutis des tablettes de chocolat pour calmer mes angoisses et mes fesses semblent adorer le chocolat ;)
Modification : je ne suis pas une éléphante mais une baleine !!!
La grossesse, l’apogée de la vie de femme qu’ils disaient !
Du chocolat pour calmer mes angoisses … Mais quelles angoisses ? Bébé sera le plus beau, le plus intelligent (oui, on peut être très intelligent dès les premières heures, parfaitement !) et je serai une maman parfaite. Je n’ai jamais mis de couche à un bébé mais ça doit pas être sorcier non plus pour quelqu’un comme moi qui ai quand même eu mon permis du premier coup. Comment ça ça n’a rien à voir ?
Tiens, je me suis même mise au tricot pour son arrivée moi qui étais restée bloquée sur la petite écharpe tricotée au point mousse pour ma poupée alors que j’avais 8 ans. Même pas droite l’écharpe ;) Et là, j’enchaîne les petites brassières au point de riz, avec des surjets doubles à maille centrale (je ne savais même pas que ça existait ce truc avant).
Une mère parfaite donc et une épouse parfaite évidemment !
Vivement qu’il arrive ce petit parce qu’en attendant, l’amoureux, alias le futur papa, ne me regarde même plus. Et moi je vois qu’il ne me voit plus. Mes formes généreuses ne semblent pas avoir sur lui les effets annoncés. Quand bébé danse la gigue et que je lui propose de mettre sa main sur mon ventre, il est mal à l’aise et prétexte toujours un truc à finir pour me dire « mince, il bouge plus ». Quand je lui demande ce qui ne va pas, il me répond que tout va bien et que je me fais des idées, que je suis trop susceptible et que ce doit être mes hormones.
Elles ont bon dos mes hormones, tiens !
Et en même temps, ma copine S. (enceinte elle aussi, sans concertation aucune, je précise) ne tarit pas d’éloge sur son cher et tendre qui (je cite) « s’investit vachement dans la grossesse ». Cours d’haptonomie, préparation à l’accouchement, complicité à son maximum … C’est tout juste si ce n’est pas lui qui accouche ;) Bon, là, c’est la jalousie qui me fait parler.
Pourtant, il le voulait autant que moi ce bébé et il était ravi quand on a su que j’étais enceinte … Et puis hier soir, il m’a enfin confié que ça lui faisait peur tout ça, que tout ces changements l’effrayaient un peu, qu’il me trouvait tellement différente (ça c’est pour ne pas dire « grosse »), qu’il me voyait plus comme un « objet interdit » : le fameux caractère sacré de la mère en devenir.
Et vous, votre ressenti pendant votre grossesse : plutôt « princesse-épanouie » ou « baleine paumée » ?
Et Monsieur, il était comment : plutôt « papa-haptonomie » ou « papa-je te fuis »?
* je tiens à préciser que non non je ne suis pas enceinte ;)

























