LECONS DE CLOSE COMBAT POUR LES NAINS

Maintenant que vous avez pris connaissance des dangers du parc, il est de votre responsabilité de préparer au mieux votre progéniture à la dure réalité de la vie.

Votre serviteur vous propose ce soir 3 techniques testées et approuvées par « Le Superbe », qui devraient permettre à votre enfant d’échapper aux griffes de « La Brute ».

Technique n°1 : Tempête du désert

Commencez par attirer votre adversaire à l’aide d’un appât (figure a). Utilisez de préférence un élément comestible de nature chocolatée, présentant un pouvoir attractif élevé sur les individus de type enfant. Dans le même temps, préparez un seau de munition de nature sableuse. Préférez un sable sec, le sable mouillé étant par nature plus salissant mais présentant des caractéristiques abrasives moins élevées.

Lorsque la cible est à portée de jet, prélevez une poignée de sable dans le seau sus-mentionné et jetez-la violemment en direction des yeux de l’adversaire (figure b). Ne lésinez pas sur les quantités de munition utilisées, disponible en forte quantité sur le champ de bataille. N’oubliez pas d’estimer au préalable la direction et la force du vent pour adapter votre jet en fonction de ces paramètres. Evitez de vous attaquer aux binoclards qui disposent naturellement d’un mécanisme de protection à même de rendre inopérante toute attaque de ce type.

Une fois l’adversaire neutralisé, simulez une forte irritation lacrymale de type « pleurs de fillette » pour brouiller l’enquête des services de contre-espionnage parentaux susceptibles de chercher à vous repérer (figure c). Utilisez au besoin une des munitions restantes que vous frotterez délicatement contre votre cornée, technique à utiliser avec modération pour éviter de finir comme votre adversaire.

Technique n°2 : Les griffes de la nuit

Attirez votre adversaire de la même façon que pour la technique n°1 (figure a). Si l’adversaire est le même que pour la technique n°1, choisissez de préférence un élément comestible de nature différente (par exemple de type « à la fraise »), de façon à brouiller les pistes et à neutraliser les mécanismes de défense de l’ennemi. Dans le même temps, saisissez un objet contondant de type râteau, que vous aurez préalablement aiguisé en le frottant à plusieurs reprises sur le sol, après l’avoir laissé macérer une dizaine de minutes dans une flaque d’eau boueuse pour maximiser les risques d’infection.

Une fois l’adversaire à bonne distance, effectuez un geste circulaire de type « baffe dans la gueule » à l’aide du râteau (figure b). N’oubliez pas qu’une bonne rotation des épaules et une projection complète du corps vers l’avant sont les clés d’un geste correctement effectué.

Une fois l’adversaire neutralisé, régalez-vous de l’appât sus-mentionné en évitant tout rire sardonique et autre manifestation trop enthousiaste de votre victoire (figure c), qui risquerait d’attirer malencontreusement sur vous la méfiance de ces maudits services de contre-espionnage parentaux.

Technique n°3 : La boule hurlante

Technique par nature défensive, « la boule hurlante » vous permettra de vous sortir d’échapper sans dommage majeur aux contre-attaques que votre adversaire pourrait être amené à vouloir mener contre vous suite un malentendu de type « coup de pied dans le tibia » (figure a).

Afin d’éviter toute riposte adverse, allongez-vous le plus vite possible en repliant vos (petites) jambes contre votre (petit) corps de façon à constituer une forme sphérique de type (petite) boule (figure b). Ne laissez aucune prise à votre adversaire. Le cas échéant, accompagnez cette technique de hurlements sonores destinés à attirer les services de contre-espionnage parentaux qui ne manqueront pas de mettre un terme à l’affrontement. Une technique de hurlement correctement maitrisé, ainsi qu’une bonne dose d’imagination au moment des explications, devrait même vous permettre de diriger les sanctions de la communauté internationale contre la partie adverse.

Variante  de la technique n°3, la technique dite de « la boule puante » (figure c) consiste à accompagner la position de la boule d’une émission de gaz toxique à même de faire fuir votre adversaire. Cette technique demande expérience et maîtrise pour éviter tout dérapage intempestif qui pourrait vous voir l’opprobre de votre propre camp.

La semaine prochaine : Be My Baby (Sitter)

PS : Spécial cacedédi à mon cousin Paul pour ses brillantes illustrations. Promis, j’attaque « Les Ghroniques » à la moindre éclaircie dans mon emploi du temps…

Posté par *Daddy Cool* le 16.10.11 dans Le coin des papas * 2 commentaires

GRAINS DE SABLE


On a tout dit – et brillamment – sur l’enfer du parc pour les parents.
Mais arrêtez 2 minutes de pianoter sur votre iPhone (RIP, Steve) pendant que vos enfants jouent dans le bac à sable, et vous vous apercevrez que votre calvaire n’est rien à côté du leur.
Imaginez plutôt : un endroit clos… des nains psychopathes qui surgissent de tous côtés… le plus souvent armés de pelles bien aiguisées et de râteaux bien pointus… Un peu comme si VOUS décidiez de vous faire une pause clope dans la cour d’une prison haute sécurité, au milieu d’Hannibal Lecter et sa bande…

Rapide tour d’horizon des « usual suspects » :

La Brute

Généralement plus âgée (c’est un peu le redoublant du Parc), la Brute tire son ascendant sur les autres enfants de sa supériorité physique. C’est que ça n’a l’air de rien, 6 mois et 10 cm de plus, mais à l’échelle d’un môme, c’est un peu comme si un mec comme moi (soit une vraie bête physique de plus d’1m75 et 70 kilos) se coltinait le grand frère de Sébastien Chabal…

Pour un enfant, les règles sont claires: ce que Brute veut, Brute prend.
Râteau, gâteau, bateau (oui, la Brute aime les trucs en -teau), mieux vaut filer tout ce qu’on a  plutôt que de risquer un bon gros coup de pied dans les tibias (qui se souvient de cette douleur atroce que je n’ai plus éprouvé depuis mes 8 ans, je crois ???)

Pour un papa, témoin malgré lui du spectacle navrant de l’injustice au quotidien, le but du jeu est d’évaluer le plus rapidement possible la morphologie potentielle du géniteur de la bête, avant de décider si ça vaut vraiment le coup de jouer les casque bleus, et de lancer l’opération « Justice des bacs à sable » pour impressionner la (charmante) nounou de la victime présumée…

Le Chouineur

Le Chouineur n’a pas attendu d’être martyrisé par la Brute pour geindre, gémir, pleurer, pleurnicher… Bref, exprimer de la façon la plus bruyante et la plus humide qui soit à quel point le monde est injuste, l’eau trop mouillée, le sable trop sableux et… snif ! et.. snif ! et c’est tout! Parce que 9 fois sur 10, cette inconsolable sirène sur pattes ne sait même plus pourquoi il pleure.

La Princesse

Proche parente du Chouineur dont elle partage la plupart des traits, la Princesse a pour elle d’être… Une fille ! Et ca, ça change tout ! Eh ben ouais.
Parce que oui, c’est vrai, elle aussi se plaint tout le temps:
Elle a « du sable dans sa chaussure… » « Non, l’autre ! » « Non l’autre ! » (?!?) ;
Sa bosse imaginaire lui fait « super beaucoup mal » ;
Et elle « préfère les barquettes à la framboise plutôt que celles à la fraise… ».
Mais je suis désolé, moi je suis un papa, et les papas, ça ne peut rien faire contre le pouvoir maléfique d’un serre-tête « Hello Kitty » ou d’une robe de fée…

Le Proc’

« T’as même pas le droit de mettre de l’eau dans le sable ! »
« Tu remontes pas le toboggan à l’envers, c’est pas permis ! »
« Si tu continues, je vais le dire ! »

Enfant caché de Julie Lescaut et de l’homme de fer, le Proc’ a manifestement passé pas mal de pause gouters à potasser le règlement du square… Du coup, il ou elle donne son avis sur tout. Tout le temps. Et surtout quand on ne lui a rien demandé.
Généralement propre sur lui, manifestement très fan de la collection automne-hiver Cyrillus 1983, le Proc’ a surtout souvent l’air de bien se faire chier au Parc, et d’avoir décide que ce serait pas mal d’en faire profiter les autres…
Je ne sais pas ce qu’il ou elle imagine (probablement qu’un grand tribunal se réunit tous les mardis pour décider si on doit condamner Maxime – 4 ans et demi – à 6 mois de brocolis avec mise à l’épreuve pour mouillage de sable sur a voie public…) Mais si vous voulez rigoler un peu, n’hésitez pas à lui signaler que la Brute n’a manifestement pas bien pigé le coup du toboggan à l’envers….

Le Reniflard

La goutte au nez (et généralement sur les mains, les joues, le front, les cheveux…), le Reniflard est cet enfant éternellement malade auquel ses parents ont manifestement bien appris que « ce qui est partagé est meilleur… »
Je ne sais pas si le plus étonnant est qu’un si petit corps puise contenir une telle quantité de miasme (je jure avoir vu un gamin littéralement cracher son poids en morve !); ou que personne n’ait encore eu l’idée de leur attacher une clochette autour du cou, comme au bon vieux temps de la peste noire…

Le Crevard

A défaut de leur inculquer les principes fondamentaux de l’hygiène, le Parc a au moins le mérite d’apprendre à nos enfants le sens du partage.
« Mais si, mon chéri, laisse le petit garçon jouer avec la pelle … » (On s’en fout, c’est pas la nôtre).
« Allez, tu rends le gâteau à la petite fille maintenant !» (De toute façon, tu l’as déjà mangé une fois).
C’est bien. Sauf que manifestement, certains enfants ont tellement bien compris le principe qu’ils viennent les mains dans la poche, sans le moindre petit bout de seau en monnaie d’échange; et repartent les bras chargés après un taxage en règle de la communauté.
Et le pire, c’est que c’est Bibi qui passe pour un gros rat quand il dit que oui, il aimerait bien récupérer la petite voiture jaune avec laquelle le Crevard est en train de se faire la malle. Je l’aime bien, moi, cette voiture.

Et le « Superbe » dans tout ça ? Oh, vous savez, c’est un enfant comme les autres… Mais si mais si.
Il y a bien cette Tour Eiffel en sable, assez impressionnante c’est vrai, mais vous savez, avec du sable mouillé…
Et l’oisillon malade, qu’il a sauvé d’une mort certaine en lui donnant la becquée avec une paille… Mais tous les enfants auraient fait pareil, non ?

Brave petit, va. Le portrait craché de son père…

La semaine prochaine: Leçons de close combat pour les nains

PS : Un million de mercis pour vos si gentils commentaires sur le coin des papas, postés dans le cadre du concours « Lait Fraise ». Ils m’ont fait très très plaisir et donné envie d’écrire plein de nouveaux articles. J’en profite pour rétablir la vérité: les mamans en chef de Lait Fraise ne m’ont pas « mis au coin », c’est moi qui ai demandé à avoir ma petite place par ici. Je l’aime bien, moi, mon petit coin… Encore merci et à très vite !

Posté par *Daddy Cool* le 10.10.11 dans Le coin des papas * 13 commentaires