
L’avantage quand on est debout à 3 heures du matin, c’est qu’on profite à plein de tous les chefs d’œuvre de la télévision française…
L’autre soir, entre un épisode collector de « Confessions Intimes » sur un sosie de Cloclo fan de tuning, et un excellent numéro de « Chasse et Pêche » sur la gallinette cendrée, je suis tombé sur un édifiant reportage sur la fin du monde et les sectes millénaristes. En gros : une bande de mecs dégoutés d’avoir investi tout leur PEL dans l’achat d’un bunker en 1999, qui essaient de se convaincre que finalement c’est pour 2012, 100% garanti cette fois, parole de Maya. Et qui se réfugient dans un bled de l’Aude censé être le seul endroit sur terre à résister à la catastrophe…
Manifestement, ça n’avait l’air de choquer personne que la fin du monde ait été prévue à l’heure près il y a plus de 5000 ans par des mecs qui – certes, ont inventé le Grand Condor – mais n’avaient pas de portables non plus, hein…
(Je rappelle pour mémoire que les mayas sont ce peuple extrêmement avancé qui sacrifiait des malheureux à chaque lever de soleil pour assurer l’harmonie du Cosmos… Et même si je comprends assez bien l’envie de sacrifier des êtres humains au réveil, ça vous pose quand même une civilisation.)
Le reportage se terminait sur cette note quasi-métaphysique :
« Et vous, si la fin du monde était pour demain, seriez-vous prêts ? »
C’était grand, c’était beau, on aurait dit du Pascal Obispo. Ca m’a bien fait réfléchir.
Et c’est là que j’ai pris conscience de notre mission. A nous, les parents.
Eh ben ouais ! Je les attends, moi, les zombies, les robots, les guêpes tueuses, les guêpes zombies robots tueuses… JE SUIS PRÊT !
Déjà, je n’ai officiellement plus besoin de sommeil. Je survis parfaitement en dormant toutes les nuits par tranche de 7 minutes.
Et pas la peine d’essayer de me surprendre en pleine nuit, je sursaute au moindre pet de travers d’un truc gros comme un hamster.
Je suis capable de manger n’importe quoi : petits-suisses avariés, purée tombée par terre… je pourrais tenir des semaines avec des boulettes de pain prémâchées.
Deux années passées au contact du « Superbe » (2 ans) et du « Magnifique » (10 mois) m’ont appris à parler comme l’ennemi, jouer comme l’ennemi, penser comme l’ennemi.
Je suis une ombre, capable de faire le mort pendant des heures pour ne pas donner un biberon, invisible grâce à ma chemise tachetée de vomi.
J’adore l’odeur d’une Pampers sale au petit matin !
J’ai habillé deux enfants plus de 500 fois ! Autant dire que je maitrise toutes les techniques de close combat qui permettent de neutraliser des nains psychopathes.
Je peux plier/déplier 3 marques de poussette différentes avec une seule main, tout en sifflotant une berceuse et en utilisant ma deuxième main pour réaliser un petit spectacle de marionnette à la fois pédagogique et tout à fait distrayant. Monter/démonter un fusil automatique les yeux bandés devrait être un jeu d’enfant pour moi…
Et si par malheur je devais tomber dans les griffes de l’ennemi, il n’obtiendrait rien de moi…
Le supplice de « la baignoire » ? A la maison, c’est tous les soirs à 18h. Deux fois.
La torture par le bruit ? J’invite tous les zombies et tous les robots du coin à venir assister au quart d’heure de folie du soir du « Superbe » et du « Magnifique ». Comme ça. Juste pour voir.
Sans compter qu’il ne me faudrait pas 2 jours pour m’échapper de leur prison du futur. J’ai les plans de la moitié des bacs à sable de Paris tatoués dans le dos…
Et tout ça, tout ça, ça n’est que moi.
Alors imaginez un peu : ma femme… c’est Terminator ! (la bombasse du numéro 3, hein, pas le robot Village People qui fait de la moto…)
Ajoutez à cette fine équipe le « Superbe » – qui n’aura aucun problème à espionner les machines, vu qu’il a clairement pris iPad en 2ème langue ;
et le « Magnifique », qui a manifestement réussi à reprogrammer la coccinelle des formes VTech (aka « la Coccinelle de l’Enfer ») pour qu’elle ne fasse plus que l’applaudir ;
et je peux vous dire qu’on l’attend de pied ferme, nous, la Guerre des Machines.
Allez, on sera même prêts à cacher dans notre cave nos amis sans enfant qui savourent tranquillement soirs de fête et grasse matinées, sans penser à l’Armageddon qui approche.
Les inconscients.























